
Le processus de deuil

Au delà de la sphère sportive, je vous parle aujourd'hui du processus de deuil que nous traversons tous, plusieurs fois, à un moment ou un autre dans nos vies.
Une blessure, la perte d'un emploi, une maladie, une invalidité, la perte un proche sont sensiblement perçus et ressentis de la même manière et leurs évolutions dans le temps sont comparables. (Ce descriptif n'entre pas dans la comparaison d'intensité de souffrance.) Se fouler la cheville la veille d'un départ de vacances, une mauvaise note à l'école, le décès d'un membre de la famille: ce n'est pas tant l'acte que nous subissons dont il est question, mais de notre réaction psychologique face à cette perte. Le processus de deuil peut se résumer en différentes phases psychologiques. L'idée n'est pas simpliste au point de savoir dans quelle case nous nous trouvons quand un événement se produit et nous affecte. Notre présent se trouve piégé entre ce qu'il s'est passé et notre capacité de devenir. Notre présent est bloqué entre le passé et l'avenir. Le mental cherche une solution à cette réaction en puisant dans son expérience ce qu'il juge utile afin d'y réagir. Notre éducation parentale, sociale, environnementale est à nouveau sollicitée et influence l'état de nos pensées et nos réactions. La question du libre arbitre, elle, fait partie des questions philosophiques existentielles de base, c'est une forme de réflexion générale sur l'état de nos pensées.
L'ordre établi et les allers-retours d'une phase à l'autre ne se résument évidement pas dans un tableau. Le tableau ci-dessous se veut explicatif et non résolutif. La compréhension de notre état de fonctionnement est une clé qui peut ouvrir des portes de résolution. Comprendre la souffrance d'un proche dans son deuil est aussi très important pour ne pas passer à côté de cette logique. Vouloir aider sans comprendre ce que vit la personne peut aggraver la situation, il en va de notre responsabilité, ce n'est pas simple. L'entourage doit admettre ses limites et rester raisonnable: comment réagir pour ne pas surenchérir le côté émotionnel déjà très lourd?
Phase
Description :
Le déni : Période plus ou moins intense ou les émotions semblent pratiquement absentes (consciemment), du fait du refus (inconscient) d'intégrer la perte
La colère : Sentiment de colère face à la perte. Parfois culpabilité
Période de questionnements, d'interrogations.
La dépression : Grande tristesse, remise en question, détresse, impression de ne jamais finir le deuil du fait d'un vécu d'émotions intenses.
L'acceptation : La réalité de la perte est beaucoup plus comprise et acceptée. La vie peut être réorganisée en fonction de la perte
Source : S.Mestre, Psychologue
Le deuil est considéré comme « terminé » lorsque la personne est consciente d'avoir fait son deuil et peut se souvenir de « l'objet perdu » sans douleur excessive. Elle retrouve des intérêts « habituels », parfois par un désir de s'engager dans de nouvelles relations, dans de nouveaux projets ou dans la reprise de l'entrainement...
La relation d'aide de l'éducateur formé ou d'un proche sensibilisé peut s'appuyer sur 4 points:
L'Empathie (capacité à comprendre ce que ressentent les autres), la Bienveillance, l'analyse dynamique des comportements « problèmes » et l'élaboration conjointe de buts et d'objectifs.
D'un point de vue sportif, les blessures s'expliquent, la plupart du temps, de manière logique. En effet, une pratique sportive mal gérée met plus ou moins de temps à se déclarer par une faiblesse à un moment donné. Une défaillance arrive à un moment qui ne correspond pas forcément à un schéma « rationnel ». Quand le corps et l'esprit ne suivent pas le rythme imposé (surentrainement, trop vite, trop tôt, mauvaise gestion de sa pratique, de son environnement et de son hygiène de vie...) le corps lâche en se mettant en mode « protection ». En général des signes précurseurs ont été transmis mais sont passés inaperçus car rejetés par la pression que l'on s'impose. Volonté, courage, tenir coûte que coûte, obligations, égo, esprit de compétition, de réussites ont autant d'écrans qui occultent notre perception du corps/esprit . Un accident arrive quand la concentration diminue, quand le corps ne suit pas. Peu importe le moment précis, il est parfois éloigné et semble ne rien avoir avec sa pratique en général, et pourtant. C'est le syndrome de la cocotte minute: on encaisse un certain temps, la pression augmente et lâche sans prévenir. On est toujours surpris, alors que c'est une suite logique. L'incompréhension et la frustration qui suivent sont normales dans le sens où nous n'avons pas été préparés à cela. En effet, savoir s'écouter et bien se connaitre fait souvent défaut dans la gestion de notre vie. Notre ignorance nous pousse à continuer à agir comme d'habitude, expérience à l'appui. Tout cela n'est pas dans notre champ de conscience donc comment faire autrement ? Nos choix de vie se paient un jour ou l'autre, c'est une logique statistiquement implacable. Inutile de mettre en avant des exemples de personne d'exception comme une généralité, cela n'est pas raisonnable et ne rassure que l'égo. Connaissez-vous vraiment la vie de ces gens « exceptionnels » ? Les athlètes de haut niveau, par exemple sont loin d'être dans un accord de vie équilibrée, c'est même tout le contraire.
Notre perception du monde se traduit par une projection réelle de nos pensées/agissements. Si nous étions tous des êtres en pleine conscience, ce serait un paradis sur Terre. Ce n'est pas un scoop de dire que cela n'arrivera jamais.
Mais il y a toujours cette petite voix qui nous pousse vers une évolution, des rencontres qui nous tirent vers le haut, l'inverse est vrai aussi. C'est tout l'art de nos existences: faire la part des choses et se frayer un chemin.
A toutes fins utiles, bonne pratique en conscience.
Coach JD
